I. PRÉAMBULE DE L’OBSERVATEUR Note personnelle : Je traite des damnés depuis des éons, mais le cas d’Adam reste fascinant par sa trajectoire de chute circulaire. On cherche souvent des explications fumeuse — quelques choses de plus maléfique que les démons — alors que la psyché , une fois brisée, est une machine à produire ses propres monstres bien assez efficaces. Pour moi, Adam n'est pas une victime, il est l'Enfer qui se replie sur lui-même et non assumés. II. TRAJECTOIRE BIOGRAPHIQUE ET DÉTERMINISME Le sujet a été extrait d'un environnement de guerre totale (XIVe siècle). Son enfance, passée dans la promiscuité des lupanars de campagne, a précocement érodé la distinction entre affection et utilité. - L’Ascension par le Paraître : Sa capacité à séduire un seigneur pour obtenir le rang de chevalier n'était pas un acte de noblesse, mais de mimétisme prédateur. Il a appris que la beauté était une armure. - La Dualité de la Rose : Sur le terrain, Adam manifestait une "soif" qui dépassait le cadre militaire. Le cannibalisme n'était pas un choix tactique, mais une pulsion orale primaire. Commentaire : C’est là que le bât blesse. On ne devient pas un "mordeur" par hasard. La faim était déjà là, bien avant qu'il ne mette les pieds dans le Cercle de la Gourmandise. III. L’INTERMÈDE AVEC LONITE Le passage d'Adam sous la coupe de Lonite marque une phase de stabilisation parasitaire. Adam utilisait Lonite comme un rempart politique et un laissez-passer entre les Cercles. Commentaire : Le sujet affirmait ne ressentir aucun plaisir lors des échanges avec Lonite. C'était une transaction froide. Adam se voyait comme un objet de valeur placé dans un coffre-fort. Tant qu'il était "le favori", il était intouchable. C'était une période de latence où ses pulsions étaient contenues par le confort. IV. LE CHOC SYMBOLIQUE : L'INCIDENT "GUILHEM" Le bombardement du Succubus Hotel n'a pas seulement détruit les murs, il a fissuré le masque d'Adam. La rencontre avec Guilhem a provoqué une réaction allergique morale. Guilhem représentait tout ce qu'Adam aurait pu être s'il n'avait pas été élevé dans la fange. Durant les rares moments où Adam était cohérent en cellule, il parlait de Guilhem avec une lucidité qui me glaçait le sang. Il ne l'aimait pas comme un amant, il l'aimait comme un condamné aime la lumière du jour juste avant la pendaison. Le Déclencheur : La confession de ses sentiments a été le coup de grâce. En se déclarant à Guilhem, Adam a tenté de réintégrer une humanité qu'il avait dévorée des siècles plus tôt. L'experience a causé une rupture psychotique totale. V. LES QUATRE MOIS D'ERRANCE : ANALYSE DES "VOIX" Le sujet a disparu, puis a été retrouvé dans un état de délabrement organique et mental. C'est ici que les théoriciens du complot parlent d'une "entité"... Ma position : Balivernes. Adam présentait peut être les stigmates d'une influence externe qu'il identifiait lui même comme un "viol". Mais pourquoi invoquer un monstre extérieur quand le sujet en héberge un depuis 32 ans de vie et des siècles de damnation ? La thèse de la Folie Circulaire : Pour moi, la "voi" qu'Adam combattait était la sienne. C'était le "Chevalier sauvage" qui reprenait le dessus sur le "Chevalier à la Rose". Il s'est battu contre lui-même dans les ruines, dévorant ceux qu'il croisait dans un accès de régression totale. VI. ÉPILOGUE : L'AUTO-CHIRURGIE FINALE Lors de sa dernière phase de cohérence, Adam m'a regardé droit dans les yeux. Il était calme. Il a raconté sa vie, la Guerre de Cent Ans, l'odeur du sang sur le fer, le goût de la chair. Il parlait comme un homme qui range ses affaires avant un long voyage. Le Geste Final : Il s'est ouvert le corps avec une précision terrifiante avec ces propres ongles. Je dis qu'il essayait d'extraire ses souvenirs. Il voulait mourir "vide". Conclusion de l'Observateur : Adam est mort d'avoir trop bien compris ce qu'il était devenu. La folie était son seul refuge, et quand la lucidité est revenue, elle l'a tué. Note de fin : Le corps a été incinéré. Aucune trace de corruption d'une tiers personne n'a été récupérée. Je maintiens mon diagnostic : effondrement narcissique et psychose cannibale aggravée. Dossier clos.